AccueilNews

Comment des vignerons en Ardèche ont redonné vie à un cépage oublié

Publié le

par Konbini Food

© Vignerons Ardéchois

Le Chatus est un cépage unique et autochtone, souvent surnommé la "Monnaie d'or".

C’est une petite révolution dans le Piémont Cévenol, en Ardèche. Dans ces terres au patrimoine viticole unique, un cépage oublié a refait surface, donnant lieu à une cuvée rare et exceptionnelle : le Chatus. Au fil des époques, ce dernier a vécu les plus grandes gloires et les plus terribles désillusions. Cépage majoritaire et omniprésent dans la région au début du XIXe siècle, le Chatus – également considéré comme l’un des plus anciens cépages français avec le pinot noir – a commencé à péricliter au milieu de ce même siècle. La faute à une crise sanitaire qui a bousculé le paysage viticole européen et à plusieurs épidémies venues ravager les vignobles.

Le Chatus est alors abandonné et boudé au profit de variétés plus résistantes aux maladies. Seuls quelques pieds vont être conservés in extremis dans les Cévennes ardéchoises par des vignerons de Vernon. Le Chatus est alors greffé à d’autres vignes dès 1883 afin de préserver et de sauvegarder ce cépage unique et ancien, typique de l’Ardèche. Problème : le nom de Chatus n’est pas déclaré lors de la création d’un nouveau répertoire des cépages français en 1950… et disparaît. Il aura fallu de nombreuses démarches pour qu’il récupère sa place et son rang.

Lettres de noblesse

Aujourd’hui, l’Ardèche compte 63 hectares de Chatus, dont le plus ancien se trouve sur les hauteurs de la commune de Vernon. "Le cépage s’exprime sur des sols de grès, peu propices aux tannins, car il est naturellement tannique. Il est traditionnellement cultivé sur des 'faïsses' ou terrasses aménagées, qui sculptent le paysage des Cévennes ardéchoises", explique un représentant des Vignerons ardéchois, un groupement de vignerons de la région, qui cultive la moitié de la surface actuellement dédiée au Chatus.

Le Chatus est connu comme un cépage rouge tardif et offre des grappes qui peuvent aller jusqu’à un kilo. Après une récolte à la main, le raisin est soumis à une vinification traditionnelle avec une macération longue et une fermentation malolactique, qui permet d’extraire toute la complexité du cépage. Enfin, c’est un élevage en fût de chêne qui permet d’assouplir la structure tannique de ce vin puissant.

"La palette aromatique du Chatus est complexe : les notes dominantes sont la nèfle et les fruits surmûris, voire confits (pâte de coing, figue, pruneaux à l’alcool), puis viennent les notes empyreumatiques (tabac, café), avec une touche de vanille, de cannelle et de poivre. La bouche est puissante et structurée, dotée d’une solide acidité et riche en tannins", expliquent les Vignerons ardéchois. Le Chatus est un vin dit "de garde". Il commence à s’exprimer au bout de trois ans et donne toute son ampleur entre cinq et dix ans.

À voir aussi sur food :