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Comment les menus végétariens à la cantine "déchaînent les passions" à l’Assemblée

Publié le

par Konbini Food

© Jeff Pachoud/AFP

La bataille des repas à la cantine fait rage dans l’hémicycle.

"C’est un sujet qui déchaîne les passions" : les menus végétariens à la cantine ont à nouveau animé les débats vendredi à l’Assemblée nationale, qui a pérennisé l’obligation de proposer au moins une fois par semaine un tel menu aux élèves. Cette règle avait été votée sous forme d’expérimentation en 2018, lors de la loi Egalim. L’Assemblée a voté pour généraliser la mesure au cours de l’examen en première lecture du projet de loi climat.

Cet amendement de la corapporteure LREM Célia de Lavergne complète la loi climat, dont l’article 59 propose aux seules collectivités volontaires l’expérimentation d’un choix végétarien quotidien dans les cantines – et plus seulement hebdomadaire.

Dans la foulée, les députés ont voté des amendements de Célia de Lavergne et Vincent Thiébaut (LREM), demandant à l’État d’être "exemplaire" en la matière avec, dès 2023, une option "végétarienne quotidienne dans ses administrations, les établissements publics et les entreprises publiques", en cas de menus multiples.

Cette fois, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et son collègue de l’Agriculture Julien Denormandie ont affiché leur unité, alors qu’une polémique avait divisé la majorité fin février à propos des menus sans viande dans les cantines de la municipalité EELV de Lyon. C’est un sujet qui "déchaîne les passions", "gardons-nous de polémiques infondées", "ce dispositif est bon pour la santé, le climat et notre agriculture", a souligné Mme Pompili.

Chez LREM, le député paysan Jean-Baptiste Moreau est revenu à la charge contre l’article 59 et les "campagnes antiviande" : "Plutôt que de dire qu’on en mange moins, il faut en manger mieux, de meilleure qualité et française." Le LR Thibault Bazin s’est inquiété du risque de pénaliser les familles modestes dont les enfants n’ont parfois que la cantine pour manger de la viande.

La "priorité, c’est remplacer la viande importée par de la viande française élevée à l’herbe", a aussi argumenté le communiste André Chassaigne. Célia de Lavergne défend à l’inverse le "bon équilibre" du texte et ses amendements. "On répond à une attente et on incite les collectivités à faire pareil" que l’État.

Le Conseil national de la restauration collective a testé plusieurs recettes, dont sept sont "vraiment appréciées des enfants", selon Célia de Lavergne, comme les lasagnes végétariennes, le "chili sin carne" ou le couscous végétarien. En commission, citant des sondages, elle avait indiqué que "5 % des Français mangent végétarien et 12 % des 18-25 ans. Surtout, de plus en plus de Français pratiquent une alternative végétarienne dans leur alimentation, près de 30 % se disent flexitariens".

En soirée, les députés ont voté un amendement fixant un minimum de 60 % de viande et poisson de qualité dans les cantines, à compter de 2024, pour éviter les produits transformés ou importés.

Konbini avec AFP

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