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Dans une France confinée, les abeilles vivent leur meilleure vie

Bzzzzzzzness is business.

Personne ne s’est vraiment intéressé à leur sort pendant ce confinement inédit, et pourtant, elles sont bel et bien là. En vue de la récolte de miel de juillet, les abeilles continuent de travailler avec le sérieux et la rigueur qu’on leur connaît. Dans certaines régions, ces dernières font même du zèle en profitant du calme et de la baisse des activités humaines en extérieur.

En Alsace, dans le parc régional des Vosges du Nord, c’est même du jamais vu. En l’espace de trois jours, j’ai eu des rentrées de nectar exceptionnelles, autour de quatre kilos par jour. Dans le sapin, où les miellées sont intenses, c’est habituel, mais en début d’année, un tel volume tous les jours… Je n’ai jamais vu ça, en vingt ans de métier", confie Pierre Stephan, apiculteur bio, à France 3.

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En cause : plus de promeneurs, moins de circulation sur les sentiers ou les pistes cyclables, mais également les aléas du confinement. Les agriculteurs, qui fonctionnent au ralenti, n’ont pas encore "fauché les prairies comme les autres années, et les traitements agricoles sont moins nombreux". Sans oublier une météo particulièrement favorable par rapport aux années précédentes. L’apiculteur devrait ainsi produire davantage de miel que les autres années. Une aubaine puisque la demande en miel a particulièrement augmenté durant le confinement, observe-t-il. Perçu dans l’imaginaire collectif comme un produit bon pour la santé, il est devenu "une sorte de valeur refuge", résume France 3.

À Rennes, les abeilles continuent elles aussi leur vie comme si de rien n’était. Mais pour Jérémy Delobel, apiculteur à la tête de l’entreprise Bee City, le confinement n’a pas vraiment rebattu les cartes. "Franchement, cela n’a pas changé leur comportement, elles continuent à travailler comme avant", constate-t-il dans une interview accordée à Ouest-France. Il y voit davantage un climat favorable aux abeilles et à leur dur labeur. "En cette période, il fait déjà très chaud. La végétation a un mois d’avance sur le calendrier habituel des saisons, dit-il. Les abeilles se mettent encore plus tôt au travail." Lui aussi prévoit une récolte plus élevée que les années précédentes… à condition que la météo ne se dégrade pas.

Par Robin Panfili, publié le 30/04/2020