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Écoutez le mystérieux chant des langoustes bretonnes

Publié le

par Louise Leboyer

© Erwan Amice/CNRS

Un ASMR des fonds marins qui pourrait aider à la sauvegarde de l'espèce.

Faire entendre les sons produits par les invertébrés marins, tel est l’objectif des chercheurs Youenn Jézéquel, Laurent Chauvaud et Julien Bonnel. À l’aide d’un réseau d’hydrophones placés dans une zone d’eau peu profonde en Bretagne, les trois chercheurs ont pu mener une étude sur les caractéristiques de propagation des sons des langoustes. Ces sons (à écouter ici) produits par les langoustes sont en fait le résultat du frottement de leurs antennes, qui créé une sonorité proche de celle des insectes. Une ressemblance loin d’être anodine, comme l’explique Laurent Chauvaud à Effets de Terre.

"Vu la similitude des sons de crustacés avec ceux des insectes et l’importance du son dans les écosystèmes terrestres, on commence vraiment à penser que les crustacés communiquent entre eux."

D’après leur étude menée dans la baie de Sainte-Anne du Portzic, près de Brest, le chant des grosses langoustes pourrait porter à plus de trois kilomètres dans un environnement sous-marin peu bruyant. Ces sons sont bien audibles pour les humains, mais rien ne permet de savoir si les langoustes peuvent entendre leur propre fréquence ou entendre tout court.

Si l’espèce est capable d’entendre, les nuisances sonores générées par l’activité humaine dans les océans pourraient avoir une incidence directe sur la vie de ces crustacés. Une recherche qui pourrait s’avérer utile, non pas pour la pêche, mais pour la sauvegarde de l’espèce, afin de "mieux gérer ces espèces vulnérables et à haute valeur commerciale, qui se sont raréfiées dans les eaux européennes en raison de la surpêche", explique Laurent Chauvaud.

Le chant des homards

L’inquiétude face au déclin de la présence de langoustes en Europe avait mené les autorités à mettre en place un encadrement plus strict de la pêche. En 2009, la taille réglementaire des langoustes était passée de 95 mm à 110 mm. Par la suite, de nouvelles règles sont entrées en vigueur, comme l’interdiction de la pêche entre janvier et mars (période de reproduction) ou la prohibition de la commercialisation des femelles grainées (portant des œufs).

La nouvelle réglementation de ces dix dernières années commence tout juste à porter ses fruits, comme s’en félicite le site Bretagne Bretons. L’écoute du chant des langoustes pourrait donc être un nouvel axe de recherche pour favoriser le bon développement de l’espèce et sa survie. En attendant de savoir si les langoustes se comprennent entre elles, vous pouvez également écouter le chant des homards, crevettes et surtout, coquilles Saint-Jacques, sur le SoundCloud de Laurent Chauvaud.

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