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En Espagne, les pauses-cafés pourraient être déduites du salaire

La fête est finie.

La justice espagnole siffle la fin de récré. Fini les pauses-clopes à rallonge, le petit kawa au soleil et les en-cas qui s’éternisent : la Cour nationale a autorisé la société Galp Energia España à comptabiliser toutes les pauses de ses salariés pour les déduire de leurs heures de travail… et donc de leur salaire. Une décision qui pourrait bien bouleverser les rituels des travailleurs.

En Espagne, le temps de travail hebdomadaire est de 40 heures et la journée de travail de neuf heures. Ça semble beaucoup sur le papier, mais c’est mal connaître nos voisins qui ont érigé le présentéisme au bureau en art de vivre : par exemple, à 10 h 30, les Espagnols ont l’habitude de casser la croûte pour tenir jusqu’à l’heure du déjeuner vers 14 heures, et de multiplier les pauses tout au long de la journée pour vaquer à des occupations plus personnelles.

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Les pauses à rallonge coûtent cher

Résultat : selon un récent rapport de l’agence Adecco, repéré par Les Échos, l’inactivité d’un salarié peut varier de 53,8 heures à 161,3 heures par an, soit un coût moyen annuel de 3 224 euros au frais de la princesse et des pertes de temps qui coûtent 3,3 milliards d’euros aux entreprises espagnols.

Jusqu’ici les patrons ne trouvaient à rien à redire, mais ce verdict de la justice espagnole qui les autorise désormais à déduire des salaires les temps de pauses de ses employés et qui fera jurisprudence si ce verdict n’est pas cassé en appel, est en passe de provoquer une sacrée révolution dans le droit du travail espagnol.

Par Konbini Food, publié le 25/02/2020