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Être "nareux" : ce mot du Grand-Est qui a pris tout son sens face au Covid-19

Publié le

par Konbini Food

© Getty Images

Vous ne le connaissez pas forcément, mais il y a de fortes chances que son sens et sa définition soient familiers.

Si vous ne vivez pas dans le Grand-Est ou en Belgique francophone, il est plus que probable que le mot "nareux" ne vous évoque rien. C’est bien normal. Entré dans le dictionnaire en juin dernier, le terme désigne le fait d’être sourcilleux et très rigoureux vis-à-vis de la vaisselle ou de la nourriture qui atterrit dans son assiette. Il désigne également la réticence que l’on peut avoir à partager sa nourriture dans une même assiette ou avec les mêmes couverts qu’un autre individu, écrit l’édition Grand-Est de France 3.

"En ancien français, la narine se dit 'naris' et il est assez vraisemblable que ce soit à l’origine du mot 'nareux'. Tout simplement parce que quand quelque chose nous dégoûte, on fait une mimique, on fronce le nez", explique Patrick Demouy, historien et spécialiste du Moyen Âge. Ce sentiment n’est pas une lubie uniquement réservée aux populations du Grand-Est. En effet, il existe d’autres mots, dans d’autres régions, qui désignent cette réticence et cette focalisation sur l’hygiène alimentaire.

"Malaucœureux"

Le linguiste Mathieu Avanzi, bien connu pour ses enquêtes sur les spécialités linguistiques et orales de nos régions, révèle que d’autres régions ont, elles aussi, leur propre synonyme : "malaucœureux" en Normandie ou "naxieux" dans le Nord-Pas-de-Calais. En Bretagne, c’est le mot "zirou" qui s’est imposé comme équivalent à l’expression "nareux".

Que les habitants du Grand-Est se rassurent, ils ne sont donc pas les seuls à faire preuve d’une telle réticence. "Pour la sensation d’être nareux, vous êtes un des rares groupes en France qui a un mot pour cela, mais on ne peut pas dire que les gens de l’Est sont plus nareux que les autres", conclut Mathieu Avanzi dans son interview accordée à France 3.

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