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Grâce à la crise sanitaire, les écoliers japonais ont droit à du bœuf de Kobe à la cantine

Publié le

par Axel Savoye

© Getty Images

À 500 euros le kilo, ils ont intérêt à finir leur assiette.

Votre meilleur repas à la cantine, c’était quoi ? De la pizza desséchée pour le repas de Noël ? Des lasagnes brûlantes à l’extérieur et surgelées à l’intérieur ? Pour ces élèves de l’école élémentaire d’Uozaki, ce sera sans doute ce bol de riz accompagné de lamelles de bœuf de Kobe, une viande réputée pour son coût – il s’agit de l’une des plus chères au monde. Selon le quotidien japonais Asahi shinbun, ces repas luxueux sont servis depuis le mois d’octobre aux écoles primaires et secondaires de Kobe et ses alentours.

Soki Tsutsui, élève de 12 ans, ne cache pas son plaisir : "C’est la meilleure viande que j’ai jamais mangée, dit-il, je vais m’en vanter auprès de mes parents." Avec un prix oscillant entre 200 et 500 euros le kilo, selon la pièce, le bœuf de Kobe est prisé pour sa saveur, sa tendreté et son persillé trois fois supérieur aux autres races de bœuf. Les écoliers doivent cette amélioration exceptionnelle de leurs repas de cantine à… la pandémie de Covid-19.

À cause de la crise sanitaire, les ventes de viande et de fruits de mer ont chuté et les producteurs se sont retrouvés avec du surplus et un trou dans la trésorerie. Certains commerces ont été obligés de réduire le prix du bœuf de Kobe de 20 à 40 % afin d’encourager les clients a en acheter. "Certains magasins n’avaient pas de clients à qui vendre de la viande. Ils avaient tellement de stocks qu’ils ne pouvaient pas tout ranger dans leurs frigos", témoigne un fonctionnaire de l’Association coopérative de l’industrie de la viande de la préfecture de Hyōgo.

Afin d’aider les fournisseurs en difficulté, le gouvernement japonais a décidé, en avril, de couvrir les frais d’achat de bœuf et de fruits de mer des préfectures jusqu’à la fin de l’année fiscale 2020. Quasiment toutes les préfectures se sont fournies en bœuf, mais aussi en saumon, pétoncle, colin, poulet et autres produits locaux qui se sont tous retrouvés dans les assiettes des écoliers. De peur qu’une troisième vague plonge une nouvelle fois ces fournisseurs dans l’incertitude, ces derniers demandent au gouvernement de prolonger la mesure pour 2021. Ce sont les écoliers qui vont être contents.

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