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La bière, le gin et le yaourt sous la menace des taxes de Trump

Publié le

par Louise Leboyer

© JIM WATSON/AFP

Après le vin et les fromages, la saga diplomatique entre Trump et l'Union européenne repart de plus belle.

Depuis quelques jours, Robert Lighthizer, le représentant au Commerce du gouvernement américain, a annoncé vouloir soumettre l’Union européenne au supplice du "carrousel", comme le rapporte Le Figaro. Cette tactique vise à changer régulièrement la liste des produits importés visés par les nouvelles taxes américaines. Un moyen de "diffuser la douleur des sanctions américaines sur plusieurs secteurs et plusieurs pays, sans pour autant augmenter le montant total" des droits de douane, dit le correspondant du quotidien à Washington. De nouvelles cibles des taxes américaines pourraient être désignées à partir du 12 août prochain.

En octobre dernier, Donald Trump mettait à exécution sa menace de taxe sur les produits européens. L’OMC estimait à 7,5 milliards de dollars le montant des dommages subis par les États-Unis et Boeing face aux subventions européennes attribuées Airbus. L’organisation internationale autorisait alors la surtaxe jusqu’à 100 % de leur valeur sur plusieurs produits importés : une décision que Donald Trump entendait bien faire valoir. Washington avait alors publié une liste de 150 catégories de produits surtaxés. Vins français, espagnols et allemands, certains fromages français et italiens, anoraks et draps britanniques ou encore de nombreux produits agricoles ou agroalimentaires de l’Union européenne étaient visés par ces nouvelles taxes.

Parmi les potentielles victimes du "carrousel", 3,1 milliards de dollars d’importation d’olives, bières, yaourts et camions. Cette menace pourrait ne jamais être mise en place, mais "la simple menace potentielle constitue en soi une sanction" selon Le Figaro. Une menace efficace puisque les premières victimes des surtaxes américaines font déjà état de conséquences désastreuses sur leur production. Au début de l’année, les viticulteurs français avaient fait entendre leur voix pour réclamer à l’État et à Airbus l’ouverture d’un fonds de compensation de 300 millions d’euros pour dédommager les producteurs.

Saga diplomatique

En novembre, l’exportation de vins français aux États-Unis s’était effondrée de 44 % par rapport à octobre après seulement un mois de mise en place des nouvelles taxes. Miren de Lorgeril, présidente de l’interprofession des vins du Languedoc, déclarait : "Le vin est victime, nous sommes victimes d’un conflit qui nous échappe complètement." Un conflit diplomatique qui frappe de plein fouet les producteurs européens extérieurs aux discussions."Les subventions continuent d’être versées à Airbus et c’est la filière vin qui rembourse", s’énervait un négociant.

Un sort que pourraient connaître d’autres filières françaises et européennes dans les semaines à venir. Et si les États-Unis profitent de l’approbation de l’OMC, le retour de bâton pourrait arriver prochainement. Une décision devrait arriver à la rentrée pour réparer, cette fois, le préjudice subi par Airbus en raison des aides publiques américaines à Boeing. Les Européens pourraient à leur tour être autorisés à taxer l’importation des produits venus des États-Unis. La saga diplomatique a donc encore de beaux jours devant elle.

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