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Pourquoi les rosés de Provence ne connaissent pas la crise

Publié le

par Konbini Food

© Getty Images

Les vins de Provence affichent la meilleure progression à l’export en 2020.

Les vins rosés des trois appellations de Provence ont réalisé la meilleure performance française à l’export en 2020, malgré les taxes américaines et la crise du Covid-19, a-t-on appris lundi auprès du Conseil interprofessionnel des vins de Provence.

"On ne s’en tire pas si mal : on a une baisse des ventes des vins commercialisés par le vignoble de -7 % en 2020 par rapport à 2019 à 1 million d’hectolitres, mais on continue de progresser à l’export (+6 %), alors que tous les autres baissent, sauf la Bourgogne", a précisé Brice Eymard, directeur général de cette association représentant 600 caves et négociants.

Les ventes des trois AOC, Côtes-de-provence, Coteaux-d’aix-en-provence et Coteaux-varois-en-provence, ont progressé à l’export de 5,6 % à 4,9 millions de caisses de douze bouteilles en 2020 quand toutes les appellations françaises sauf la Bourgogne (+1,4 %) et les liqueurs (+4,5 %) ont reculé, notamment le champagne (-17 %), selon la fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) qui regroupe 85 % des entreprises exportatrices françaises.

Les rosés provençaux, dont les domaines stars continuent d’attirer les investisseurs, comme dernièrement la maison Chanel qui s’est agrandie sur l’île de Porquerolles, ont aussi légèrement progressé en valeur de 0,7 % à environ 297 millions d’euros en 2020, selon la FEVS. La Provence est le sixième vignoble français en valeur.

La France est le pays qui vend ses rosés le plus cher à l’export, en raison notamment d’une qualité qui s’est améliorée. Le prix d’une bonne bouteille de rosé démarre autour de 15 euros et peut dépasser les 100 euros pour certaines cuvées du Château d’Esclans, domaine racheté fin 2019 par le géant du luxe LVMH et sa filiale Moët Hennessy.

Dans le détail, la surtaxe de 25 % sur les vins et spiritueux français, instaurée par l’ancien président américain Donald Trump et récemment suspendue, a entraîné une baisse de 6 % des ventes de rosés provençaux aux États-Unis en volume. Cela a été cependant plus que compensé par "une hausse de la consommation de rosé à l’étranger, surtout en Grande-Bretagne, au Canada, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne", selon M. Eymard.

Les ventes en grande distribution de rosés provençaux ont par ailleurs progressé de 2 % et le pic touristique de l’été avec des ventes au caveau a presque contrebalancé les pertes du début d’année, selon M. Eymard. L’absence de salons consommateurs et la fermeture des restaurants qui s’éternise impactent néanmoins le vignoble.

Konbini avec AFP

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