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Le miel américain contient encore des traces des essais nucléaires des années 1950

Publié le

par Axel Savoye

© Alexander Mils/Unsplash

Il reste tout de même sans danger pour la santé humaine, mais pas pour celle des insectes…

C’est ce qu’on appelle un cadeau empoisonné. Fin mars, une étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications révélait que la majorité du miel vendu aux États-Unis était radioactif, relaye The Guardian. Elle indique notamment que la quantité de césium 137 présente dans les échantillons de miel étudiés est 100 fois supérieure à ce que l’on trouve d’ordinaire dans les autres aliments. Le miel le plus radioactif venait de Floride, avec un taux de 19,1 becquerels par kilo.

"J’ai refait la mesure car j’ai pensé que quelque chose était arrivé au récipient ou que mon détecteur était détraqué. J’ai reproduit la mesure. Et c’était, encore une fois, 100 fois plus radioactif que n’importe quel autre aliment", note James Kaste, l’auteur de l’étude sur le miel radioactif.

Pas de quoi vous faire perdre vos cheveux cependant, les particules de césium 137 étant en trop faible quantité pour avoir un impact significatif sur la santé humaine. La limite jusqu’à laquelle les aliments sont encore considérés comme sains est de 1 200 becquerels par kilo. "Je n’essaie pas de dire aux gens qu’ils ne devraient pas manger de miel", assure James Kaste dans un communiqué.

Cependant, rien n’est moins sûr en ce qui concerne les insectes pollinisateurs, l’hypothèse du déclin de la population des abeilles à cause du césium 137 est à étudier. Comme si la pollution aux pesticides et la pollution électromagnétique ne suffisaient pas…

Quant à la provenance de ces particules radioactives, le chercheur indique qu’elles sont issues des essais nucléaires organisés sur le sol américain au milieu du XXe siècle. Elles ont ensuite été dispersées aux quatre vents. L’étude révèle aussi que le taux de radioactivité est plus élevé sur les sols pauvres en potassium, les structures moléculaires de ce dernier et du césium 137 étant à peu près similaires, les plantes les confondent plus facilement avant de les absorber. Ces plantes sont ensuite pollinisées et c’est ce qui donne le miel radioactif.

Voyons tout de même le bon côté des choses. Si ces essais ont eu lieu il y a plusieurs décennies, cela veut dire que la pollution au césium 137 va bientôt ne plus avoir d’impact sur l’environnement puisque ses particules mettent environ 60 ans à disparaître. On peut en déduire que celles des tout premiers essais nucléaires ont déjà disparu et que la pollution radioactive est alors moins présente dans le miel aujourd’hui qu’au début des années 2000 par exemple.

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