(© Getty Images)

Une petite ville du Montana nettoie ses eaux usées grâce aux déchets de brasseries locales

En récupérant les déchets des brasseries, la ville de Bozeman fait économiser un max aux stations d'épuration.

On le sait, la fabrication de la bière engendre beaucoup de déchets : une fois que les malts ont infusé dans de grandes quantités d’eau pour extraire le moût voulu qui sera utilisé dans l’élaboration du divin nectar, le brasseur se retrouve avec des kilos de drêches et des litrons d’eaux usées sur les bras. Même transformés, l’orge malté reste une céréale comestible, constitue un aliment de choix pour les poules et le bétail et peut se convertir en farine à pain. Bref, la bière se mange aussi et les drêches sont aussi un excellent substrat de green compost. En revanche, jusqu’ici, on ne savait pas trop quoi faire des eaux sales issues du trempage des malts, à part les balancer dans les égouts.

En s’associant aux brasseries locales, dont la Triple Dog Brewing, qui lui donne gratuitement ses reliquats, la ville de Bozeman dans le Montana a trouvé la solution. Chaque jour, sa station d’épuration traite plus de 22 millions de litres d’eaux usées, dont toutes les eaux sales jetées par les 10 brasseries artisanales de la commune. Or ces déchets liquides constituent, si elles sont bien dosées au bon moment, un matériau de choix pour nourrir les bactéries sur lesquelles les stations d’épuration comptent pour éliminer azote, phosphore et nitrate.

Publicité

L’eau des drêches, avenir des stations d’épuration

Une solution innovante donc, respectueuse de l’environnement, mais aussi une affaire de gros sous. En récupérant ces eaux brassicoles, la ville pourrait économiser jusqu’à un million de dollars par an et s’évite de moderniser son installation comme l’exigent les nouvelles normes en matière d’eau propre. Ce qui est sûr, c’est que la commune a déjà fait 16 000 dollars d’économies cette année puisque la récupération des eaux de drêches a permis de faire l’impasse sur l’achat d’alun utilisé jusqu’ici pour alimenter les fameuses bactéries.

Un modèle vertueux à exporter. Reste juste à optimiser la logistique du transport des eaux sales des brasseries à la centrale d’épuration, trop coûteuse pour le moment.

Par Konbini Food, publié le 24/02/2020