AccueilNews

D’ici 2030, la viande "cultivée" devrait devenir moins chère que la vraie

Publié le

par Axel Savoye

© David Parry/PA

Viendra un jour où on aura tous cette viande sortie d’un roman SF dans nos assiettes.

"Le 'bétail' n’existait plus. La viande était 'cultivée' sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel…" Dans les années 1940, l’écrivain René Barjavel imaginait déjà dans son roman SF Ravage une viande du futur, issue de la culture de cellules animales.

Presque un siècle plus tard, ce qui n’était alors que de la science-fiction est en passe de devenir réalité et pourrait même faire partie intégrante de notre alimentation quotidienne d’ici 2030, rapporte le magazine Reason.

Aujourd’hui, la viande "cultivée" est présentée comme une alternative écologique qui consomme beaucoup moins d’eau, émet moins de gaz à effet de serre et nécessite moins de terrain à cultiver. L’empreinte écologique de la viande cultivée serait 90 % moindre à celle de la viande conventionnelle, selon une étude indépendante de CE Delft. La production de viande cultivée produirait notamment 93 % de gaz à effet de serre en moins et nécessiterait 95 % de terrain en moins.

Moins cher que le bœuf

Mais la véritable raison de l’hégémonie future de la viande cultivée viendra de son prix. En 2013, le premier steak de viande cultivée de 140 grammes avait un coût de production évalué à 250 000 euros, mais ce prix baisse jusqu’à atteindre aujourd’hui 45 euros environ pour une lamelle de 5 millimètres d’épaisseur. Avec l’avancée des méthodes de production, une autre étude de CE Delft s’attend à ce qu’un kilo de viande cultivée coûte un peu moins de 5 euros, soit moins cher qu’un kilo de bœuf en moyenne. On serait donc loin du caprice de riche.

Mais serait-on prêt à changer notre consommation de viande en passant d’un produit naturel à un produit fabriqué en laboratoire ? Il arrivera une époque où ce ne sera plus un choix. On s’interroge tout de même à quel point la viande cultivée parvient à imiter la vraie viande en termes de goût et de texture. Bien que les premiers steaks n’étaient pas parfaits sur ces critères, on peut suppose que la recherche avancera pour nous offrir un fac-similé parfait des produits carnés.

Moins polluante et moins coûteuse, la viande cultivée s’imposerait plus tard non comme une alternative, mais peut-être comme une nécessité. Les filières agricoles et les commerces alimentaires pourraient s’en retrouver bouleversés, certes, mais on peut tout de même espérer qu’une tranche de viande véritable reste un luxe que l’on pourra se permettre de temps en temps.

À voir aussi sur food :