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Aux États-Unis, les entrepôts abandonnés deviennent des "restaurants fantômes"

La nouvelle vie des entrepôts commerciaux semble assurée... mais pour combien de temps ?

Conséquence directe d’un modèle économique et d’habitudes de consommation qui changent, les zones industrielles américaines se métamorphosent chaque jour un peu plus. Un peu partout dans le pays, les entrepôts abandonnés se muent ainsi en "restaurants fantômes", en cuisines – sans chaises, ni tables –, dont l’unique but est de préparer des plats destinés à la livraison des particuliers, rapporte le Wall Street Journal dans une enquête.

Ces derniers mois, plusieurs articles ont fait état du désamour et de la désertification progressive des centres et zones commerciales aux États-Unis. Une aubaine pour les investisseurs et une porte de sortie pour les propriétaires, tous deux bouleversés – de manière très différente – par l’essor du commerce en ligne. "C’est une manière de redonner vie à des biens immobiliers aujourd’hui obsolètes", affirme sans ambages Sam Nazarian, à l’origine du projet Creating Culinary Communities.

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Pari sur l’avenir

Pour les investisseurs, ces espaces vides sont une poule aux œufs d’or. Interrogé par le Wall Street Journal sur un document interne de la start-up CloudKitchens, Travis Kalanick, cofondateur d’Uber, fait état des opportunités alléchantes que constitue l’acquisition de ces entrepôts condamnés à l’abandon. Une cuisine fonctionnelle de 70 mètres carrés lui revient ainsi à 30 000 dollars : une bouchée de pain face au million de dollars nécessaire pour ouvrir un restaurant traditionnel.

Mais, comme le précise Food&Wine, ce n’est pas un pari gagné d’avance. Sam Nazarian précise que pour atteindre la rentabilité et l’équilibre financier de tels équipements, un "restaurant fantôme" doit carburer à raison de 125 commandes par jour, pendant 6 mois, avec un ticket moyen de 30 dollars. "Cela ne semble pas trop compliqué si votre concept de livraison est populaire, mais la popularité peut être éphémère. Demandez simplement aux gens qui ont construit tous ces centres commerciaux", écrit le magazine.

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Par Robin Panfili, publié le 12/02/2020

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