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La folle histoire des braqueurs de grands crus bordelais (et du casse à 1 million d’euros)

Publié le

par Konbini Food

Mouton Rothschild, Petrus, Château Margaux… L’équipe de voleurs va être jugée prochainement.

Une équipe de voleurs comparaît jusqu’à vendredi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour le vol dans un entrepôt de près d’un million d’euros de grands crus, dont une partie avait été écoulée en Asie. Le week-end du 19 et 20 septembre 2020, huit malfaiteurs présumés s’étaient introduits dans un entrepôt d’une importante société de négoce de la place bordelaise, Les vins de Crus, à Bruges, pour s’emparer de 268 caisses de vins. Pas n’importe lesquelles : des Mouton Rothschild, des Petrus, Château Margaux… Au total, 1 520 bouteilles pour une valeur totale d’un million d’euros.

Visiblement bien renseignée, l’équipe de cousins et frères de deux familles connues de la justice, ayant la trentaine ou une petite quarantaine, avait découpé le bardage métallique et déjoué les systèmes d’alarme avant de se glisser dans l’entrepôt en rampant. Les caisses de grands crus avaient été sorties à l’aide d’une planche à roulettes pour éviter les capteurs de présence. "Château Margaux, Petrus… je ne suis pas dans le vin mais je sais que ça se monnaye", explique Cédric D., à la barre, tout juste sorti d’une garde à vue dans une affaire de stupéfiants.

L’origine "pas nette" des vins

Grâce à un renseignement anonyme, les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme de la Police judiciaire étaient remontés jusqu’à une cousine de ce prévenu, Vanessa B., 33 ans. Poursuivie pour recel, elle est suspectée d’avoir joué les intermédiaires auprès d’un Chinois installé en Gironde, Yan Z., pour lui vendre 190 000 euros de vins volés, ensuite exportés vers Hong Kong. Chez elle, les enquêteurs ont retrouvé une compteuse à billets, sans rapport avec son travail d’employée de mairie.

Plusieurs voleurs présumés ont assuré que Vanessa B. était parfaitement au courant de l’origine "pas nette" des vins, ce qu’elle a fini par admettre. Le négociant chinois avait accepté les belles bouteilles, cédées à des "prix intéressants", soit 80 % du prix du marché, moyennant un paiement en liquide mais il avait réclamé des factures, qui lui seront transmises à l’en-tête d’un salon de beauté. Le négociant a finalement apporté son concours pour permettre le rapatriement des 45 caisses exportées vers Hong Kong.

Au total, plus de la moitié de la valeur totale du stock volé a été restituée, selon l’avocat du négociant de Bruges. Mais même rapatriées, certaines caisses "subissent jusqu’à 20 % de dévalorisation du fait du 'manque de traçabilité'" des bouteilles durant leurs transferts successifs.

Konbini food avec AFP

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