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Sans surprise, l'uberisation du pain à la maison est déjà arrivée

Des start-up ont rapidement détecté l'engouement croissant pour le levain et l'amour du pain bien fait.

Le confinement des Français et du monde entier a eu un effet que nul n’avait prédit. Depuis quelques semaines, des foyers par milliers se sont initiés à la confection de pain (et de levain naturel) à domicile, remettant tout un pan du patrimoine culinaire de notre pays. Mais, comme l’on pouvait s’y attendre, ce retour en grâce d’un savoir-faire ancestral n’a pas échappé à la fibre entrepreneuriale de nos sociétés contemporaines.

© L’évolution des recherches pour le mot "levain" sur Google Trends en avril 2020. (© Google Trends)

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Alors que les ventes de farine ont explosé – chez les fournisseurs, les distributeurs ou les sites de commerce en ligne –, cette ruée vers ce nouvel or blanc a fait tilt dans l’esprit de nombreux entrepreneurs déterminés à répondre à cette demande croissante du grand public. Une enquête du magazine The Hustle cite l’exemple de la start-up américaine Mr. Holmes Bakehouse, fondée par Aaron Caddel et longtemps spécialisée dans les kits de viennoiseries et pâtisseries à reproduire chez soi.

Kit à domicile

En observant le boom du pain à domicile, ce dernier a alors appelé tous ses fournisseurs pour acquérir de la farine et de la levure en masse et proposer dans sa boutique en ligne un kit pour réaliser son pain à domicile, vendu à 25 dollars. Un succès immédiat au regard des expéditions de colis réalisées dans plus de 47 états dans le pays. Depuis, la start-up a également développé des kits pour cookies, pour des pâtes maison et autres scones.

Dans le Michigan, la Marks Trading Company, une société spécialisée dans la vente d’épices, s’est retrouvée dans une situation similaire. Face à des ventes qui baissaient drastiquement, celle-ci s’est associée avec un fournisseur de levure, afin de liquider des stocks auprès du grand public. Les ventes en ligne de ces petits sachets de levure prêts à l’emploi ont grimpé de 300 % en seulement quelques jours.

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En France, l'entreprise familiale Saint-Lucie, fondée en 1885, s'est elle aussi adaptée. Depuis le mois de mars, l'usine fonctionne à plein régime pour répondre à la demande croissante de levures et de poudres à lever nécessaires pour confectionner pains et brioches. "L’entreprise qui avait trois mois de stock d’avance tourne désormais à plein régime et à flux tendus", précise-t-elle.

Levain en contrebande

L’enquête fait également état d’un tout nouveau business sur Etsy, où des particuliers plus ou moins organisés revendent leurs farines artisanales ou un échantillon de leur levain naturel. Patricia Blais, enseignante à la retraite de 92 ans, a ainsi vendu plus de 3 000 sachets de son levain familial vieux de 140 ans. Le prix ? 6 dollars pour deux cuillères à soupe – et un carnet de commandes qui ne désemplit pas.

Craiglist, eBay, Facebook Marketplace ou encore Instagram : les amateurs et experts confirmés de levain et de pain à domicile ont, eux aussi, pris toute la mesure de cette nouvelle demande et y voient une opportunité pour arrondir leurs fins de mois en ces temps troublés. À San Diego, Cody Howell s’est, lui, lancé dans une production de pain à plein-temps, vendu aux particuliers à prix libre. Une petite entreprise qui lui permet de payer son loyer, alors qu’il vient tout juste de perdre son emploi.

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"Je commence généralement à 6 heures du matin et je termine la soirée vers 18 heures ou 20 heures, confie-t-il à The Hustle. La majeure partie du processus de cuisson est de toute façon passive, donc cela ne ressemble pas à du travail, mais je dois y consacrer du temps tout au long de la journée".

À lire aussi : Comment le levain (et le pain) est devenu le meilleur remède à l’ennui des confinés

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Par Robin Panfili, publié le 07/05/2020